« Venez à moi vous tous qui peinez sous le fardeau…
et je vous soulagerais »
Fondée le 20 avril 2002 à Bimbo en Centrafrique, la Petite Fraternité des Amis de Jésus Compatissant est une communauté religieuse qui est née de la rencontre de deux vocations : celui de trois jeunes en recherche vocationnelle désireux d’évoluer dans une structure développant le charisme de compassion auprès des personnes souffrantes, ainsi que celui du P. Adélino BRUNELLI, combonien (Père Fondateur de ladite communauté), Aumônier des Hôpitaux, désireux de voir émergée une structure susceptible de prendre en charge la pastorale des malades. La Petite Fraternité des Amis de Jésus Compatissant est donc sensible à toute forme de la misère humaine à laquelle elle essaye d’apporter réconfort et tendresse.
A cela s’ajoute la vie communautaire basée sur la mise en commun des biens dans un esprit de pauvreté évangélique et la vie de prière intense qui lui permet de retrouver force en Jésus notre unique But.
Elle est présente dans les quatre hôpitaux de Bangui. Elle exerce également sa pastorale auprès des femmes prisonnières à la maison pénitentiaire de Bimbo (R.C.A), ainsi qu’auprès de la population rurale.
La Petite Fraternité trouve sa force inépuisable dans une vie intense de prière communautaire et personnelle, la fréquentation régulière de l’Eucharistie, la lecture amoureuse de la Parole de Dieu (la lectio divina), ainsi que l’adoration quotidienne du saint sacrement.
L’Ami de Jésus Compatissant travaille de ses propres mains pour gagner son pain.
Pourquoi ce dossier ?
Chers (es) amis (es),
Ces récits se veulent un message d’espérance pour ces nombreux enfants avec qui nous partageons nos angoisses et nos espérances.
On peut lire ceci sur un dépliant de l’UNICEF :
« Un enfant souriant, c’est l’image de marque de l’Afrique. Il symbolise la chaleur du soleil qui brille pratiquement en permanence, la présence rassurante de sa grande famille et une liberté de mouvement que les enfants occidentaux peuvent lui envier.
Mais ce tableau idyllique embellit souvent la réalité, car nos enfants en Afrique sont parmi les plus défavorisés du monde. En effet, les taux d’anémie, de malnutrition, et de mortalité chez les mères sont très élevés et la vie d’un enfant est déjà menacée avant sa naissance.
Dans la plupart des pays africains, le nombre de quatre enfants sur cinq qui atteignent l’âge de cinq ans est encore inferieur. Dans certains pays d’Afrique, un enfant seulemnt sur cinq a la chance d’aller à l’ école. S’il vit à la campagne, la vie de l’enfant continuera à être menacée par l’eau insalubre, le manque d’hygiène et de savoir-faire, et dans les villes, il est et sera peut-être obligé de se battre pour sa survie depuis sa plus tendre enfance.
Il est une victime innocente d’un concours de circonstance : la sécherresse ou les conflits l’ont privé de foyer, de nourriture et même de sa famille ; les difficultés économiques dans lesquelles les continent est plongé, malgré lui, limitent l’acces aux soins médicaux et à la scolarisation ».
Ce tableau peint très bien la situation des enfants en Centrafrique. Cela explique aussi notre engement pour le bien des enfants fragilisés et fragiles afin de leur donner espérance et confiance à la vie. C’est leur droit d’être heureux comme tout le monde, comme tous les enfants du monde.
Nous remercions d’avance tous ceux qui d’une manière ou d’une autre nous aideront à soutenir ces enfants sur le chemin de la vie.
Bénicia Synerdite OMAGBA
"Je suis Bénicia. Je suis née le 21 décembre 2007 à Batalimo, une localité située a 120 km de Bangui la capitale. Mon père s’appelle Gustave OMAGBA MBANGO, ma mère, Noëlla.
Mon père est un marchand ambulant des produits de la cueillette de la forêt. Ma mère était ménagère cultivatrice.
J’avais à peine deux mois quand ma mère était morte suite a la morsure d’un serpent dans la forêt.
Mon papa voulait me confier à sa grande sœur mais elle n’avait pas assez de moyens pour s’occuper de moi. Ma santé commençait à se détériorer. C’est ainsi que mon père a pris contact avec le Père Adelino pour étudier la possibilité de mon accueil dans la Petite fraternité des Amis de Jésus Compatissant.
Père Adelino accepta de m’accueillir. Il a pu avoir du lait chez les Sœurs Missionnaires de la Charité pour moi. La communauté m’a très vite adoptée. J ai trouvé une véritable famille.
Aujourd’hui, je vais à l’école comme les autres enfants de mon âge. Je suis classe de CE2. J’ai eu un peu de difficultés au début, mais maintenant c’est toute une joie à l’idée d’aller en classe.
Même si aujourd’hui mon père aussi est mort suite à un accident de circulation, je suis heureuse de me retrouver dans la Petite Fraternité ma seconde famille, heureuse d’être couronnée de tant d’affections et d’attention."
Merveille NDOAYEGNAN
"Je m’appelle Merveille, j’ai huit ans. Je ne connais pas mon papa.
Quant à maman, elle était repartie vers le Seigneur alors que je n’avais que deux semaines. Trois ans durant, on a essayé de me maintenir en vie. Mais survint une malnutrition sévère qui a failli m’emporter.
Dépassé, mon oncle maternel, Didier, me confia aux soins de la communauté de la Petite Fraternité des Amis de Jésus Compatissant. J’ai été mise aux petits soins depuis lors.
Aujourd’hui, je suis heureuse et je vais à l’école. "
Marie Stella OUREIRA
"Je suis Stella, je viens de Boali à 100 kms de Bangui et j’ai trois ans. Je suis issue d’une famille d’éleveurs Peulh mbororo.
Maman est folle. Dans sa folie, elle m’amenait partout dans la brousse. Papa lui a retirée ma garde et ma confiée à l’une de ses épouses (papa est polygame). Mais très vite j’ai développé une malnutrition sévère.
Un jour, des amis de la communauté étaient de passage à Boali dans le cadre de la culture de la spiruline. Mon papa a pris contact avec eux par rapport à ma situation. C’est ainsi que la communauté en fut informée. Elle était en train d’étudier mon cas quand mon père et l’une de ses épouses arrivèrent avec moi dans la communauté.
Je n’avais ni le poids ni la taille de mon âge. Et j’avais des cheveux roux. On m’a maintenue deux semaines à la pédiatrie. Apres cinq mois, j’ai repris et ma peau était redevenue luisante.
Aujourd’hui, j’ai certes un problème de croissance, mais je suis heureuse avec les autres. Je suis la plus petite des enfants en âge et en taille. Mais j’ai toute ma place. J’aime bien chanter, danser et poser des questions ? Je suis une fillette curieuse. Il me tarde d’aller à l’école."
Marthe Robin AÏCHATOU
"Je m’appelle Aïchatou, j’ai neuf ans. Je suis issue d’une famille d’éleveurs peulh mbororo de Boda, à 185 kms de Bangui. Mon papa, Ali, était décédé quand je n’avais qu’un an et demi. Maman l’a rejoint trois ans après.
Mon grand-père maternel, Abou Diallo, était un grand éleveur de bovins qui a tout perdu du jour au lendemain.
Apres la mort de papa, maman me portait sur le dos et faisait le tour des femmes du quartier pour les tresser afin de nous aider à survivre. A sa mort mon grand-père maternel infortuné me recueillie. Déjà à cet âge, ma grand’mère m’envoyait mendier dans les rues de la ville de Boda. Ensuite, j’étais tombée gravement malade. Même malade, je devais toujours mendier pour nous permettre de vivre. Quelqu’un m’avait repérée et avait parlé de moi aux membres de la communauté de la Petite Fraternité. Lors d’un voyage à Boda, Fr. Paulin et Sr. Maryline ont pris contact avec mes grands-parents. A cause de mon état de santé ils ont accepté de me laisser partir. C’était donc à Bangui qu’on a découvert que j’avais une tuberculose. Je suis restée trois mois et plus à hôpital. Aujourd’hui, je suis contente d’aller l’école et d’apprendre à parler français."
Gracia BANGUI
"Je suis Gracia, j’ai sept ans. Je ne connais pas mon papa.
Ma maman, Mélanie, était une handicapée qui se déplaçait avec des béquilles. Elle vivait avec ses parents à Bangui. Bientôt elle fut orpheline totale. Avec son handicap elle devait se battre pour survivre. Une vielle dame de bonne volonté du quartier l’a recueillie chez elle. Puis elle s’est retrouvée dans la communauté de la Petite Fraternité des Amis de Jésus Compatissant. Mais quelques temps après elle partit d’elle-même de la communauté et tomba enceinte. Elle s’est une fois de plus retrouvée chez la vielle dame. Après l’accouchement tout se passait bien jusqu’à la mort de la vielle dame. Puis les enfants de la vielle dame ont mis maman a la porte. Désormais avec maman nous errions deux ans durant dans la rue, dormions souvent sous un arbre avec le peu qu’on avait comme biens. Un monsieur de bonne volonté nous recueillies. Mais bientôt maman commençait à souffrir. On l’a ramena a la communauté de la Petite Fraternité qui la recommanda aux Sœurs de la Charité. Elle nous quitta quelques temps après. Je fus donc confiée par le monsieur à la communauté de la Petite Fraternité. Mais le lendemain un inconnu m’a kidnappée. Heureusement que je fus retrouvée quelques jours après.
Aujourd’hui, je suis heureuse et je vais à l’école."
Stanislas Henri BENAM
"Je suis Stanislas, j’ai 16 ans. Papa s’appelle Isaac BENAM, ma maman Annick KOFEBONA.
Les membres de la communauté m’avaient rencontré quand j’étais à l’hôpital après avoir pris une balle perdue dans la jambe. Ils ont fait ma connaissance une semaine avant l’amputation de ma jambe en question. Ils nous ont beaucoup encouragés maman et moi.
Lors de la journée des malades, j’avais fait un témoignage qui a ému toute l’assemblée. Le Nonce Apostolique était présent ce jour-là. Il s’est donc engagé à s’occuper de moi en collaboration avec la Sœur Renata et la Petite Fraternité.
Je vivais avec ma grand-mère et ma maman. Puis maman a rejoint son nouveau mari, j’ai demandé à la Petite Fraternité de m’accueillir. Je n’avais pas un bon niveau scolaire. La communauté m’a donné un répétiteur pour l’améliorer.
Aujourd’hui je suis en classe de Seconde. Malgré mon handicap et mes béquilles, je suis un garçon heureux et la communauté me fait confiance en me confiant des responsabilités."
Chris Bienvenu MAGBA
"Je suis Chris, j’ai 15 ans et demi. Fils d’Antoine MAGBA, ébéniste et de Sophie AGOUNDOU, ménagère. Je vivais au quartier Lakouanga chez ma grand-mère, Yvonne BETIGALAMA, sage-femme a la retraite.
Un moment je commençais a frôlé la délinquance. Soucieuse de mon avenir, ma grand-mère s’était donc adressée au Père Julien. Ce dernier a présenté mon cas à la communauté et elle a accepté de m’accueillir.
J’ai quelques lacunes essentiellement dues à mon passage dans la rue. Mais je suis heureux de retrouver une famille sur laquelle je puis compter et qui sait aussi compter avec moi.
Je suis à l’école en cinquième."
Chers Amis,
Nous vous remercions du temps que vous avez pris pour lire nos petites histoires. Elles ne sont pas du tout extraordinaire. Nos frères et sœurs externes pourraient vous en raconter encore plus. Quand nous nous retrouvons pour les rencontres du weekend c’est toujours émouvant.
Vous vous êtes rendu compte de nos besoins matériels. Mais ce dont nous avons le plus besoin c’est votre affection, votre visite, votre amour, votre hospitalité, votre sourire.
En effet, dans notre pays, les enfants ont été témoins directs et impuissants des atrocités commises contre leurs parents et d’autres membres de leur famille. Ils ont été tués, mutilés, recrutés pour combattre, emprisonnés ou séparés de leur famille. Arrachés à leur environnement qui leur est familier, même ceux qui réussissent à s’échapper n’ont aucune certitude quant à leur avenir et à celui leurs proches. Ils sont souvent forcés de fuir, livrés à eux-mêmes et rejetés sans identité. Nous, enfants, nous perdons de plus en plus notre sourire.
Alors que tout le monde n’arrête pas de chanter que les enfants ont droit à la vie, à l’intégrité physique, le droit à l’éducation, le droit de vivre dans des conditions susceptibles de favoriser leur épanouissement, ainsi que le droit à vivre dans un environnement de paix.
Nous remercions la « Petite Fraternité des Amis de Jésus Compatissant » qui nous aide à retrouver le goût de vivre et le sourire.
A vous, amis d’hier, d’aujourd’hui et de demain, nous vous exprimons toute notre profonde gratitude pour votre attention et votre générosité.
Puisse le Seigneur qui est venu parmi nous en prenant le visage d’un enfant puisse vous combler au centuple.
Nous, vos petits amis.







